Pendant longtemps, j’ai cru que, pour réussir, il fallait toujours en faire plus…Plus de projets. Plus d’idées. Plus d’heures. Plus de publications. Plus de rencontres. Plus de formations. Plus de tout. Toujours plus.
Et si je ralentissais, même juste un peu, j’avais l’impression que j’allais prendre du retard. Pourtant, avec le temps, j’ai compris quelque chose.
Ce ne sont pas les personnes lentes qui cherchent le slowpreneuriat. Ce sont souvent les personnes qui vont beaucoup trop vite. Je le sais… parce que j’en fais partie.
Je suis maman de quatre enfants, mère monoparentale, entrepreneure et j’ai un TDAH. Mon cerveau déborde constamment d’idées. Je pourrais lancer dix nouveaux projets avant même d’avoir terminé le premier. Quand une idée me passionne, je pourrais y travailler jour et nuit. J’oublie de manger. J’oublie de me reposer. J’oublie parfois même de respirer 😉.

Pendant longtemps, je pensais que cette intensité était une force. Aujourd’hui, je sais qu’elle peut devenir un piège. Parce qu’on peut courir toute la journée… sans réellement avancer. On peut remplir son agenda à craquer et terminer la journée avec l’impression de n’avoir rien accompli. On peut dire oui à tout… jusqu’à ne plus savoir à quoi on veut vraiment dire oui.
Et surtout…On peut tellement donner à son entreprise qu’on finit par ne plus avoir d’énergie pour ceux qu’on aime le plus.
Mes enfants m’ont appris cette leçon bien avant que je sois prête à l’entendre. Ils n’ont jamais eu besoin d’une maman qui coche toutes les cases.
Ils avaient besoin d’une maman présente. Une maman capable de rire avec eux. De s’asseoir cinq minutes sans regarder son téléphone. D’écouter une histoire qui dure beaucoup trop longtemps. De profiter d’un coucher de soleil sans penser à la prochaine tâche sur sa liste.
C’est là que ma vision du slowpreneuriat est née. Pas dans un livre. Pas dans une stratégie marketing. Dans ma propre vie.
Le slowpreneuriat, pour moi, ce n’est pas travailler moins. Ce n’est pas manquer d’ambition. Ce n’est certainement pas d’abandonner ses rêves.
C’est arrêter de confondre mouvement et progression. C’est accepter qu’un projet réalisé avec intention aura souvent beaucoup plus d’impact que dix projets commencés dans la précipitation. C’est choisir où mettre son énergie, parce qu’elle est précieuse.
Encore plus quand on est maman. Encore plus quand on porte déjà tellement sur ses épaules. Encore plus quand notre cerveau fonctionne à cent kilomètres à l’heure.

Aujourd’hui, je ne cherche plus à faire tout ce qui est possible. Je cherche à faire ce qui est important… Et, la différence est immense.
Parce que lorsqu’on cesse de se disperser, toute notre énergie se rassemble enfin au même endroit (focus). Et c’est souvent à ce moment-là que les plus belles choses commencent à grandir.
Je pense que beaucoup d’entrepreneurs vivent cette réalité sans mettre de mots dessus. Ils sont créatifs. Passionnés. Visionnaires. Ils veulent changer le monde.
Mais à force de courir après toutes leurs idées, ils finissent parfois par s’épuiser avant même de voir les résultats.
Je connais cette sensation. Celle d’avoir mille onglets ouverts dans sa tête, mille possibilités et mille responsabilités. Et cette impression étrange de ne jamais avoir fait assez.
Le slowpreneuriat m’a appris une chose essentielle… On n’est pas obligé de répondre à toutes nos idées : certaines peuvent attendre et certaines ne verront peut-être jamais le jour. Et c’est correct!
Parce que chaque fois que je dis non à une distraction, je dis oui à quelque chose de beaucoup plus grand. Je dis oui à ma mission. Je dis oui à ma famille. Je dis oui à ma santé. Je dis oui à la femme que j’ai envie de devenir.
Et ce cheminement est un apprentissage quotidien. Je ne suis pas devenue soudainement une personne calme. Mon cerveau continue de bouillonner. J’ai encore des dizaines d’idées par minute.
La différence, c’est que je ne me sens plus obligée de transformer chacune de mes idées en projet. Je les accueille, parfois je les note avant de les oublier 😉, puis, je les catégorise à ma façon.

Est-ce un rêve que j’ai envie de concrétiser un jour? Une idée qui peut attendre? Un projet qui est réellement prioritaire? Ou simplement une belle inspiration que je garde précieusement pour le bon moment?
Avant, j’avais l’impression que chaque idée devait devenir une action. Aujourd’hui, je choisis celles qui sont réellement alignées avec ma mission, mon énergie… et la vie que j’ai envie de construire.
Et, étrangement, c’est en faisant moins de choses à la fois que j’avance enfin plus loin.
Et ce choix-là m’apporte beaucoup plus de paix que toute la vitesse que je poursuivais auparavant.
Parce qu’au fond, ralentir n’est pas l’opposé de réussir. Ralentir, c’est parfois la seule façon d’aller vraiment loin.
Alors si toi aussi tu as l’impression de toujours courir… Si ton cerveau ne s’arrête jamais… Si tu termines tes journées épuisée sans comprendre où ton énergie est passée…
J’aimerais simplement te dire ceci.
Tu n’as pas besoin d’en faire davantage. Tu as peut-être simplement besoin de remettre ton énergie au bon endroit. Parce que le slowpreneuriat, ce n’est pas vivre au ralenti. C’est avancer avec intention.
Et je suis convaincue qu’ensemble, un pas à la fois, on peut bâtir des entreprises qui réussissent… sans avoir à s’oublier en chemin.
