Une petite confidence ce matin…
Bientôt, ça fera un an que j’ai la garde 50/50 de mes enfants. C’est un cap important pour moi, et pourtant, ça fait déjà cinq ans que je ne suis plus avec la maman de mes enfants. Ces années n’ont pas été faciles, loin de là. Être un papa monoparental demande une résilience que l’on ne soupçonne pas avant d’y être confronté.
Je me souviens des premiers temps, quand mes enfants avaient 3 ans et 2 ans. Je passais de trois jours par semaine, à un week-end sur deux, puis à seulement 48 heures par mois. Chaque étape semblait plus difficile que la précédente. L’envie d’être présent pour eux se heurtait à ma santé mentale fragile, et à ce sentiment écrasant de ne jamais en faire assez.
À ce moment-là, j’ai dû faire un choix crucial :
C’est ce second chemin que j’ai choisi. Ce choix n’était pas facile. Il impliquait de me regarder en face, d’accepter mes limites, mes faiblesses, mais aussi de croire que prendre du recul pouvait mener à un lien plus fort et plus sain avec mes enfants.

J’ai dû accepter certaines vérités qui n’étaient pas évidentes au début. Par exemple, lorsque mes enfants pleuraient leur maman le soir avant le coucher, ce n’était pas parce qu’ils ne m’aimaient pas. C’était simplement le lien naturel et intense qu’ils entretiennent avec leur maman. Accepter cela a été une étape essentielle pour comprendre qu’être un bon papa n’est pas seulement une question de temps passé avec eux, mais aussi de qualité de présence et d’équilibre personnel.
En parallèle, j’ai aussi dû accepter que ma relation avec la maman de mes enfants avait échoué, et que malgré tout, pour eux, nous pouvions et devions réussir notre séparation. Cela signifiait apprendre à communiquer, à gérer nos différents avec respect, et à maintenir une atmosphère positive pour nos enfants. Cela signifiait, surtout, mettre leurs besoins avant nos blessures ou nos rancunes.
Aujourd’hui, mes enfants reviennent du Mexique après une quinzaine de jours de voyage. Et vous savez quoi ? Je m’ennuie terriblement. Je me demande encore comment j’ai pu me contenter de seulement 48 heures par mois par le passé. Mais je comprends maintenant que ce passage difficile était nécessaire pour devenir le papa que je suis aujourd’hui : présent, bien dans ma tête, capable d’être une présence positive et aimante pour mes enfants, tout en entretenant une bonne relation avec leur maman.

Cette expérience m’a appris une leçon précieuse : parfois, prendre du recul et accepter les choix difficiles peut sembler impossible sur le moment. Mais ces pas en arrière, ces pauses, permettent ensuite de faire plusieurs pas en avant, avec force et clarté. Chaque étape, même celle qui semble douloureuse ou contraignante, fait partie d’un processus de croissance et de transformation.
Être un papa monoparental m’a aussi appris l’importance de trouver un équilibre entre amour pour ses enfants et amour pour soi-même. Il est essentiel de prendre soin de sa santé mentale, de ses émotions, de son corps et de son esprit. Car c’est seulement ainsi que l’on peut offrir aux enfants une présence véritable, constante et positive.
Je veux également partager un message pour les autres papas monoparentaux qui pourraient lire ces lignes : vous n’êtes pas seuls dans ce cheminement. Il y aura des jours de doute, des jours où l’on se sent dépassé, où l’on se demande si l’on fait assez. Mais chaque effort, chaque pas vers votre propre mieux-être, est un pas immense pour vos enfants. Les enfants ressentent votre énergie, votre calme, votre patience, et votre amour, même plus que vous ne le pensez.

Et puis, il y a ces moments simples qui rendent tout ce parcours incroyable : le sourire de vos enfants, leurs bras autour de vous, leur joie de partager un repas ou un jeu. Ces moments, ce sont les fruits de vos choix, de votre patience et de votre résilience.
Alors oui, j’ai hâte à demain soir, 16 heures, pour aller chercher mes deux cocos. Je m’ennuie d’eux, je pense à eux à chaque instant, et je savoure déjà les retrouvailles. Et en écrivant ces mots, je réalise à quel point ce chemin m’a transformé. Je ne suis pas seulement un papa monoparental, je suis un papa présent, conscient, et en constante évolution, pour mes enfants et pour moi-même.
Enfin, si mon expérience peut aider d’autres papas qui traversent des moments similaires, alors partager mon histoire sera un pas en avant pour tous. Être un papa monoparental n’est pas facile, mais c’est un rôle magnifique, rempli de défis, d’amour et d’enseignements qui changent une vie entière.

Jolianne Renaud
17 juin 2026 à 22h40Ton message me touche beaucoup. Bien qu’il s’adresse principalement au papa monoparentale, il peut tout aussi bien résonner et être une inspiration pour la maman monoparentale. Je me suis reconnue dans ton message. Certaines périodes de nos vies nous amène à revoir nos schémas de pensées, à faire des prises de consciences qui peuvent parfois être douloureuses. Un temps est parfois, et même dans la majorité des cas, nécessaire pour se poser, se réhabiliter, se retrouver et de réinventer. Selon les épreuves et les différents contextes situationnels qui nous ont mené à ce point de rupture, le processus de « guérison » peut être long et parsemé d’embûches. Quand tes fondations et es repères tombent, que tes valeurs profondes sont confrontées, tu réalises que c’est tout un monde que tu dois refaire. Malgré le sentiment d’injustice et d’incompréhension, on doit avancer…même à petit pas. On doit faire les deuils de notre ancienne vie, de notre ancien moi mais il y a souvent du beau qui ressurgi de ce processus.
J’aime beaucoup un des accords toltèques qui nous dit que en donnant simplement le meilleur de nous-même dans chaque situation, cela nous permet d’eviter l’auto-culpabilité, les regrets et le perfectionnisme. Et faire de son mieux change constamment selon les situations, nos capacités, des périodes de notre vie, etc
Merci à toi pour ces mots. Prendre le temps de partager son vécu demande du courage et cela témoigne d’une grande générosité et fait preuve d’altruisme.